Papier Carton


Avenue de L’Europe 59166 BOUSBECQUE
Tel : 06 12 53 20 53
Mail : fo.wepalille@orange.fr
http://www.foconstruction.com

FO c’est quoi ?

FO est un syndicat qui puise son origine dans la première Confédération interprofessionnelle, créée à Limoges en 1895, qui se nommait la Confédération Générale du Travail. Cette « CGT », à l’époque, avait pour seul objet la défense des intérêts des salariés. Par la suite, ce syndicat a subi l’influence politique des communistes, qui provoqua plusieurs scissions. Tous ceux qui étaient attachés à l’indépendance syndicale condamnèrent et refusèrent la politisation de la CGT et sa soumission au Parti communiste français. C’est alors, par conviction, qu’ils créèrent (avril 1948) la Confédération Générale du Travail FORCE OUVRIERE (CGTFO)

Mais pourquoi avoir conservé le sigle CGT ? Bien sûr, par fidélité à l’idéal de liberté et d’indépendance syndicale, qui était à l’origine de la création du mouvement syndical interprofessionnel, mais aussi pour garder ses racines et continuer le véritable syndicalisme indépendant. Aujourd'hui FO, historiquement et juridiquement la CGTFO, est le seul syndicat français libre et indépendant à l’égard du patronat, des gouvernements, des partis et, de façon générale, de toute influence extérieure au syndicat

vendredi 28 octobre 2016

Santé au travail



Risques psychosociaux : pourquoi il faut en parler

 
Les troubles mentaux encore trop stigmatisés

Burn out, dépression, harcèlement… Des définitions différentes, mais une problématique commune : celui de la santé mentale au travail. Le psychiatre Patrick Légeron déplore une prévention encore trop faible des risques psychosociaux, aussi bien dans les entreprises que dans la législation française.
Univers Santé Pro : L’affaire du harcèlement moral chez France Télécom a replacé sur le devant de la scène médiatique la problématique des risques psychosociaux. Les entreprises vont-elles revoir leur copie en la matière ?

Patrick Légeron : Aujourd’hui, on distingue difficilement ce qui est de l’épuisement d’un véritable état psycho-pathologique. C’est pourquoi un concept comme le burn out reste assez flou. De même, la souffrance ou la tristesse ne sont pas des maladies, mais elles existent. A contrario, la dépression est une vraie maladie. Le harcèlement est quant à lui une cause, non un état. Les suicides, ce sont les parties physiques d’un autre iceberg, issu de manifestations non visibles. Tous ces maux tournent autour d’un problème général : la santé mentale. Cette dernière peut être mise à l’épreuve et être altérée à cause de certaines conditions de travail. Donc, plutôt que d’être menée sur un thème unique, la réflexion doit être plus générale : comment promouvoir la santé mentale au travail ? Comment réprimer tout ce qui peut la mettre en péril ? Il faut sortir du déni. Oui, le monde du travail peut exposer à des troubles de la santé mentale. Il y a un risque, qu’il ne faut ni exagérer ni passer sous silence.

 Le sujet est-il encore tabou en France ? 

Le problème de la santé mentale au travail est un sous-ensemble de la santé mentale au global. Or, il y a très peu de démarches de prévention et de sensibilisation à la santé mentale en France, où l’on considère que si les gens craquent, c’est parce qu’ils sont faibles. Certains pays, comme la Grande-Bretagne, ont mené des campagnes d’information grand public, sur le suicide par exemple. La démarche a été efficace car cela leur a permis d’en diminuer concrètement le nombre. Et si ces pays se sont intéressés à la santé mentale, c’est notamment pour sa rentabilité. Arrêts de travail, prise en charge de la dépression : les maux psychologiques coûtent chers, aussi bien à la société qu’aux entreprises concernées. De même, les collaborateurs qui vont bien psychologiquement contribuent à la performance économique d’une entreprise. Les entreprises ont donc tout à gagner à mettre fin à cette stigmatisation.

 Comment agir concrètement en entreprise ? 

La plupart des entreprises ont un plan contre le risque incendie. Pourquoi n’en ont-elles pas contre le stress au travail, par exemple ?

Pour lutter contre les risques psychosociaux, il leur faut donc construire une stratégie globale. Pour être efficace, cette stratégie doit fédérer l’ensemble des partenaires (la direction, les représentants du personnel, les équipes de la médecine du travail), et s’appuyer sur des indicateurs de la souffrance au travail.  Comme on étudie des indicateurs de performance de l’entreprise, on peut voir si les gens vont bien ou pas. Le médecin du travail, par exemple, peut soumettre des questionnaires prédéfinis sur l’état psychologique des salariés. Mais on peut aussi analyser des indicateurs de stress portant sur la charge de travail, l’autonomie, les relations…

 Le management peut aussi, bien sûr, faire la différence ? 

Une autre piste est en effet la formation des managers, qui doit davantage porter sur l’humain. Par exemple, si des managers constatent qu’un salarié a une charge de travail excessive, ils doivent prévenir l’émergence de risques psychologiques, en prenant les mesures adéquates. Ils doivent aussi savoir établir des relations d’empathie et de reconnaissance. En parallèle, il ne faut pas oublier la participation des pouvoir publics. Avec un cadre légal de la santé mentale au travail, les entreprises seraient certainement plus enclines à fournir des efforts. Au risque, sinon, de se voir poursuivre en justice…

 Patrick Légeron est psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus, spécialisé dans le bien-être et santé au travail. Il est également l’auteur ou co-auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont «Les risques psychosociaux au travail» (Editions de Boeck, 2012) et « Le stress au travail: un enjeu de santé » ( Editions Odile Jacob, 2015)
Enregistrer un commentaire